Langage du mythe vs langage de l'histoire

 

Vous trouverez ici un tableau qui propose quelques critères simples pour différencier le langage du mythe du langage de l'histoire : style langagier, type de vision globale, axiologie, acteurs (auteurs de l'action), utilisation des nombres, temporalité, point de vue, évolution du récit dans l'histoire, iconographie et séquences textuelles dominantes.

 

 

Par C. R.

Publié le 23/03/2022

Le monument à Vercingétorix sur la place de Jaude à Clermont-Ferrand : une belle statue équestre du sculpteur Auguste Bartholdi et un exemple de langage (ici celui de la sculpture) du mythe (inspiré par le roman national souhaité par Napoléon III pour justifier sa propre histoire personnelles et familiale)

 

 

  Langage du mythe Langage de l'histoire
Style langagier Épique et héroïque : laissant une large place à l'irrationnel ou à une croyance (les faits sont présentés comme magiques, émanant d'une volonté surnaturelle, par exemple celle de Dieu, ou du destin) Factuel : rationnel (les faits sont expliqués dans leur logique, dans leur enchaînement, en partant de causes naturelles et humaines, avec des  aspects en partie imprévisibles et incontrôlés)
Type de vision globale Un seul mouvement, qui réussit (pour fonder un ordre nouveau) ou qui échoue Plusieurs mouvements : des réussites et des échecs, des phases diverses voire opposées les unes aux autres
Axiologie Les faits apparaissent sans nuance : soit comme très positifs, soit comme très négatifs par rapport à des valeurs précises (liées à une nation, à une religion ou à un groupe social idéalisé) dans une logique binaire (bien/mal, réussite/échec...) Des faits complexes qui ne se sont pas forcément rapportés à des valeurs et qui sont difficiles à interpréter (cela demande beaucoup de recherches, d'analyses et de démarches interprétatives)
Acteurs (auteurs de l'action) Une entité abstraite (par exemple « le Peuple ») incarnée par un personnage emblématique (le héros) Des groupes dont les caractéristiques sociales sont précisées (milieu socio-professionnel, localisation géographique précise, âge ou positionnement politique par exemple)
Utilisation des nombres Symboliques Précisés avec le degré de précision pertinent et présentés avec leur incertitude (sous forme de fourchette en général)
Temporalité Insistance sur des moments précis (symboliques : censés tout résumer en un seul événement)

Déroulement de nombreux faits qui ne donnent pas tous lieu à la même conclusion

Point de vue Un seul (ou deux nettement opposés) Multiples, avec toute une gamme de variations et d'oppositions sur des aspects divers
Évolution du récit dans l'histoire Rétablissement prétendu d'une vérité unique du passé Évolution vers de nouvelles connaissances grâce à de nouvelles découvertes (historiques ou archéologiques) ou à de nouvelles interprétations (diverses et débattues)
Iconographie Simplifiée, grandiose et romanesque Porteuse d'informations plus complexes ou inattendues
Séquences textuelles dominantes Narration et description Explication et argumentation