Les mots du café et des cafés

 

Quels sont les différences entre robusta et arabica ? D'où viennent ces espèces de caféiers et quels sont les liens de parenté entre les diverses variétés de l'arabica (Moka, Typica, Bourbon...) ? Pourquoi appelle-t-on le café le plus célèbre d'Éthiopie du nom d'une ville du Yémen ? Et Arthur Rimbaud dans tout cela ?

 

Comment passe-t-on d'une « cerise » à un grain de café vert (en réalité constitué de deux graines) par voie sèche ou par voie humide ? Qu'est-ce qu'une brûlerie et pourquoi faut-il y entendre deux cracks ? Quelle différence y a-t-il entre une torréfaction italienne et française ? 

 

À quoi correspondent les mots typiques de l'univers initiatique de l'expresso (chaudière, groupe, crema, ristretto...) ? Qu'est-ce qu'un vrai cappuccino ? Quelle différence y a-t-il entre une cafetière à piston et une cafetière moka ? Pourquoi le café turc permet-il la voyance ?

 

Dans quels cafés (établissements) pouvait-on trouver La Fontaine, Voltaire, Goethe, Byron, Verdi, Freud, Hemingway, Picasso, Pessoa, Gorbatchev... ? Gilbert Bécaud était-il vraiment allé au Café Pouchkine de Moscou avec Nathalie ? Où ont été écrites certaines chansons de Joao Gilberto et d'Oum Kelsoum ? Et le premier roman de la série Harry Potter ?

 

Par C. R.

Publié le 17/08/2021

Dernière modification le 16/09/2021

Une tasse de café expresso : un plaisir simple mais une préparation particulièrement exigeante.

Espèces et variétés de caféiers (les arbustes dont les fruits sont les  « cerises » d'où sont extraits les grains de café)

 

Robusta (nom latin : Coffea canephora). Espèce de caféier plus facile à cultiver que l'arabica (à plus faible altitude) donc produisant un café moins cher à produire. Le robusta est utilisé pour les cafés instantanés et pour certains mélanges expresso car il favorise la formation de crema (voir plus loin). Originaire de la région équatoriale de l’Afrique, ce café est aujourd’hui cultivé principalement au Brésil et au Vietnam.

 

De l'arabica cultivé en Ouganda (à gauche) et du robusta cultivé au Rwanda (à droite), avec une torréfaction plus claire pour l'arabica.

 

Arabica ou caféier d’Arabie (nom latin : Coffea arabica). Espèce de caféier produisant un café de meilleure qualité que le robusta et contenant beaucoup moins de caféine (naturellement, contrairement au café décaféiné – voir plus loin). Il existe différentes variétés de cette espèce (un peu comme les cépages pour le raisin) moins productive que le robusta et plus délicate à cultiver. Il faut en effet une altitude plus élevée et la qualité peut encore être améliorée par certains sols, notamment volcaniques mais aussi par les plantes voisines (arbustes et arbres), l'idéal étant que les caféiers poussent à l'ombre d'arbres sauvages. La plus ancienne variété d'arabica, le Moka, vient d'ailleurs des forêts d’altitude en Éthiopie. La référence à l’Arabie dans le nom de cette variété renvoie quant à elle au commerce de ce café (voir plus loin) et non à son lieu de production originel (l’Éthiopie donc).

 

Moka. Variété noble d’arabica, cultivée dans les forêts d’altitude d’Éthiopie (le berceau du café) et caractérisée par un goût particulier et riche, ainsi que par un grain de petite taille. C'est la toute première variété de café qui a été exportée. Son nom, Moka, trouve son origine non pas dans son lieu de production mais dans son port d'exportation : il s'agit d'une ville du Yémen, sur la Mer Rouge, d’où partaient les sacs de café vers la Turquie (le premier café européen était à Constantinople) puis vers l’Italie (le premier café d’Europe de l’ouest était à Venise). L’un des plus célèbres marchands de café Moka en Éthiopie, à Harar, était un ancien poète devenu aventurier du XIXe siècle : un certain Arthur Rimbaud... Il faut encore savoir que la réputation d’excellence du café Moka a fait qu’on a donné son nom à des préparations qui n’en contiennent pas forcément mais qui bénéficient de la noblesse de ladite variété de café : en pâtisserie, le moka est un entremet de génoise avec une crème au beurre parfumée au café (pas forcément de variété Moka) ; la cafetière Moka (voir plus loin) est un type de préparation du café en général ; il existe une cuiller à Moka, etc.

 

Des grains de Moka de Nekemte bien dorés (torréfiés par les Cafés Lugat).

 

Typica. Variété obtenue suite à une mutation de caféiers d’Éthiopie apportés sur l’île de Java par les Hollandais  (suite à un vol de grains de café vert dans le port de Moka). Cette variété a ensuite été cultivée à Cuba, au Mexique et en Amérique centrale notamment.

 

Maragogype. Variété obtenue suite à une mutation de caféiers Typica découverte au Brésil. Cette variété se caractérise par des grains de très grande dimension, d'où son surnom : « grain éléphant ».

 

 

D'impressionnants grains de Maragogype de Colombie (fraîchemement torréfiés par la Maison Lemétais).

C'est cette variété qui est surnommée « grain éléphant ».

 

Bourbon (jaune / rouge / pointu). Variété obtenue suite à une mutation de caféiers d’Éthiopie (offerts aux Français par le sultan du Yémen) cultivés dans l’île de la Réunion, autrefois nommée Île Bourbon, d'où le nom de cette variété (même chose pour la vanille Bourbon). Les Français l’ont ensuite acclimaté à diverses régions d’Afrique et elle est arrivée en Amérique latine. Le Bourbon pointu cultivé de nouveau sur l'Île de la Réunion est l'un des cafés les plus chers du monde, du fait de ses qualités exceptionnelles (qui ont en particulier enthousiasmé les spécialistes japonais du café) et de sa rareté : à ce jour, un paquet de 250 g coûte 98,00 € (ce qui correspond à près de 400 € le kg).

 

Caturra. Variété provenant d'une mutation du café Bourbon découverte au Brésil et cultivée également dans d’autres pays depuis.

 

Blue Mountain. Café de très haute qualité (un des plus réputés au monde) cultivé en Jamaïque (dans la région des Blue Mountains) à partir de grains qui avaient auparavant été cultivés à la Martinique et en Guadeloupe (suite à l’envoi de grains par Louis XV au début du XVIIIe siècle) : le bonifieur – à ne pas confondre avec la marque Le Bonifieur qui correspond aussi à d’autres cafés moins rares).

 

Décaféiné. Café privé d’une grande partie de sa caféine, grâce à divers procédés. Comme pour les autres cafés il existe des qualités très variables et certains décaféinés sont qualitatifs (par exemple le café décaféiné origine Colombie torréfié par la Maison Lemétais).

 

D'ailleurs, certains bons arabicas contiennent naturellement très peu de caféine et le procédé d’extraction expresso, durant moins de 30 secondes, ne fait passer qu’une petite partie de la caféine dans la tasse (alors que les méthodes dites douces, durant 3 à 5 minutes, en font passer beaucoup plus dans les tasses).

 

 

De la « cerise » rouge ou jaune au grain de café vert puis torréfié

 

Cerise. Fruit contenant les deux graines du caféier (qui deviendront le grain double torréfié que nous achetons en paquets de 250 g), cueilli quand ilest mûr, donc de couleur rouge – d’où son surnom de « cerise » – ou parfois de couleur jaune par exemple pour la variété Bourbon jaune). Après récolte, ce fruit est égrappé (à la main dans les exploitations de qualité et à la machine dans l’agriculture industrielle, notamment dans les grandes exploitations brésiliennes qui ressemblent aux champs de céréales d’Amérique du nord).

 

Caracoli. Il faut noter que, tuot comme il existe des trèfles à quatre feuilles, certaines cerises de caféiers ne contiennent qu'une seule graine, sphérique.  Ces graines, appelées caracoli (de caracol qui signifie « escargot » en espagnol), se trouvent à la pointe de certaines branches. Elles sont non seulement rares mais aussi d'une très haute qualité gustative. Elles font l'objet donc d'une récolte et d'une commercialisation spécifiques.

 

Méthode de traitement des cerises du caféier :

  • soit par voie sèche (les cerises sont étalées directement au soleil, retournées au râteau et décortiquées pour enlever la pulpe du fruit et d’autres résidus),
  • soit par voie humide (les cerises sont lavées, dépulpées, fermentées, lavées de nouveau, séchées au soleil et décortiquées pour enlever la dernière membrane).

 

Café (grain) vert. Double graine du caféier après le traitement par voie sèche ou humide. La durée du stockage peut être assez longue à ce stade, sans perte de qualité tant que le grain n'est pas torréfié.

 

Transport. Les grains verts sont transportés puis stockés dans des sacs en toile de jute. En France, ils arrivent le plus souvent au port du Havre (où se trouvent de nombreux torréfacteurs, notamment la Maison Lemétais) ainsi qu'à Bordeaux (où se trouvent également de nombreux torréfacteurs ; ainsi qu'à proximité, comme Lugat près du bassin d'Arcachon).

 

Quelques paquets de café en grains commandés à la Maison Lemétais, un excellent torréfacteur du Havre.

Je remercie au passage Madame Isabelle Lemétais (que j'avais contactée pour lui soumettre une première version de cet article) : ses judicieuses remarques et ses suggestions m'ont permis d'enrichir cette page.

 

Torréfaction. Opération préalable consistant à faire griller ou rôtir les grains de café jusqu’à entendre successivement deux cracks. C'est le même principe que pour le pop-corn, mais en beaucoup moins spectaculaire, d’où la difficulté de l’opération, qui prend normalement 20 à 30 minutes pour les torréfacteurs traditionnels ; les grandes marques utilisent des procédés beaucoup plus expéditifs et moins qualificatifs : quelques dizaines de secondes à trop haute température, ce qui produit un café charbonné effaçant les différences de goût entre les variétés et les origines. La tradition éthiopienne consiste  torréfier le café dans une poêle à chaque fois qu’on veut en préparer.

 

Brûlerie. Atelier ou commerce où l’on torréfie le café.

 

 

Café (grain) torréfié. Grain de café prêt à être moulu. À partir de la torréfaction, la durée de stockage doit être courte : quelques semaines (tandis que le grain vert peut se conserver plusieurs années sans dommage avant la torréfaction).

 

Types de torréfaction. Le café est plus ou moins clair ou foncé en fonction de la durée et de l’intensité de la torréfaction. La torréfaction dite italienne (adaptée surtout à l’expresso ou aux cafetières moka) est très foncée tandis que la torréfaction dite française (adaptée plutôt aux méthodes douces : filtre, piston...) est beaucoup plus claire. La torréfaction intermédiaire est d’une couleur dite « robe de moine ».

 

Grains de Moka torréfiés par les Cafés Lugat (sur le bassin d'Arcachon, à 25 km du port de Bordeaux).

 

 

Du café en grain à la tasse

 

Café turc ou café grec. Mode de préparation (fréquent dans toute la partie orientale de la Méditerranée, notamment dans les régions correspondant à l'ancien Empire ottoman) consistant à faire bouillir deux ou trois fois du café très peu torréfié et moulu extrêmement fin dans de l’eau bouillante sucrée, chauffée dans une sorte de petite casserole. Le marc du café reste au fond de la cafetière et un peu au fond de la tasse. C’est justement en renversant ce qu'il reste de marc au fond de la tasse dont le café a été bu que les voyantes orientales peuvent lire l’avenir (d'où l'expression : avoir vu quelque chose « dans le marc de café »).

 

Cafetière italienne ou Moka. Système d’extraction (on parle de percolation dans ce cas précis) consistant à faire remonter l’eau bouillante sous pression à travers le café (mouture assez grosse) dans une petite cafetière. Il faut noter que ce mode de préparation est difficile à réussir : les néophytes font systématiquement brûler le café avec ce système ; mais quand on le maîtrise, la saveur peut être très intéressante (voisine de l'expresso). La marque la plus connue de ces cafetières est Bialetti, du nom de l’ingénieur Alfonso Bialetti qui a breveté en 1933 une cafetière en aluminium sous le nom de Moka Express après avoir amélioré la « cafetière lessiveuse » mise au point en 1822 par le Français Louis-Bernard Rabaud.

 

French press ou cafetière à piston. Méthode douce d’extraction consistant à mettre de l’eau à 85° sur du café moulu très grossièrement et à laisser infuser 4 ou 5 minutes avant d’appuyer sur le piston pour filtrer le breuvage. Ce procédé (qui se rapproche des modes de dégustations professionnelles) a l'avantage de préserver les saveurs et les arômes les plus légers. Il suppose donc une torréfaction dite française, plus douce et plus claire que celle qui est adapté à l’expresso (qui joue davantage sur des saveurs caramélisées plus profondes). La marque la plus connue pour ces cafetières à piston est Bodum.

 

Une cafetière adaptée à la préparation du café turc devant une cafetière à piston (ou french press) ;

à droite : une cafetière dite italienne ou moka.

 

Café filtre. Méthode douce d’extraction consistant à faire couler lentement de l’eau chaude (pendant environ 3 minutes) sur du café (moulu moyennement fin) disposé dans un filtre à papier. La marque qui est à l’origine de ce système de filtration est Mellita.

 

Moulin ou broyeur. Il peut être manuel ou électrique. Il faut surtout distinguer deux systèmes totalement différents : les moulins à hélice cassent les grains en morceaux de taille irrégulière (pour former une poudre adaptée aux cafetières à filtre) tandis que les moulins à meule (plate ou conique), plus chers mais absolument indispensables pour l’expresso, écrasent les grains entre leurs meules pour former une poudre très fine et très régulière (on peut régler très finement la mouture avec une trentaine de crans en général).

 

Un moulin à hélice (à gauche) et un broyeur à meules (à droite).

 

Espresso ou expresso (version francisée du mot italien mais le mot original a aussi été admis par les dictionnaires français). Système d’extraction (mis au point par Ettore Gaggia) consistant à injecter de l’eau (idéalement entre 88 et 92°) pendant 25 à 30 secondes sous une pression de 8 à 9 bars (à l’origine grâce à un levier ; aujourd’hui le plus souvent grâce à une pompe électrique) sur 7 g par personne de café fraîchement moulu (beaucoup plus fin que pour le café filtre mais moins fin que pour le café turc) tassé avec un tamper ou tasseur  dans un filtre en métal. Les marques réputées pour les particuliers et pour les professionnels sont par exemple : Rancilio, Saeco, La Marzocco, La Pavoni, Nuova Simonelli... Si l'Italie est évidemment le pays de l'espresso, il ne faut pas confondre une machine espresso italienne avec une cafetière italienne (voir plus haut). Il existe malgré tout des marques de machines expresso (et de broyeurs) dans d'autres pays que l'Italie, bien sûr, par exemple Ascaso (Espagne).

 

Une élégante et robuste petite machine expresso à chaudière des années 1990

(construite par un fabricant italien et distribuée sous la marque américaine Black & Decker)

 

Circuit de l’eau dans une machine expresso. L'eau placée dans un réservoir est aspirée par une pompe qui l’envoie dans un système de chauffe (thermobloc ou, mieux, chaudière) avant de sortir du groupe (bloc de métal lourd, idéalement en laiton ou en inox, allant de la chaudière à la douchette) sur le café placé dans un filtre en métal (une coupelle ronde percée de très petits trous) maintenu sous le groupe par un porte-filtre.

 

L'intérieur d'une machine expresso domestique : la pompe (au premier plan) aspirant l'eau du réservoir par un tuyau en silicone souple et injectant l'eau sous pression dans la chaudière (au second plan à droite) par un second tuyau (plus rigide).

Le réservoir d'eau.

Du café fraîchement moulu tassé dans le filtre, lui-même inséré dans le porte-filtre (qui sera vissé sous le groupe).


 

Système de chauffe. Il peut s'agir soit d'un thermobloc (l’eau passe dans un tuyau chauffé par une résistance), soit d'une chaudière. Dans ce dernier cas, l’eau passe par une cavité d’1/4 de litre ou plus dans une lourde pièce de métal (éviter l'aluminium pour la santé, privilégier le laiton pour son inertie thermique ou l'inox pour sa résistance à l'oxydation). L'avantage théorique, par rapport au thermobloc, est de pouvoir chauffer un plus grand volume d'eau à la fois (donc avec une meilleure inertie thermique) afin d’éviter les chutes de température pendant l’extraction. La température est réglée soit par un thermostat, soit par un système de régulation intelligent (PID). Dans les machines professionnelles, il y a un système d’échangeur : l’eau qui arrive sur le café vient d’un tube qui a traversé une très grande chaudière (plusieurs litres) qui permet également de produire beaucoup de vapeur, pour chauffer le lait, etc.

 

Pression. Il s'agit de l'effet produit par le fort ralentissement de l’eau chaude injectée à travers le thermobloc ou la chaudière puis à travers le café moulu très fin et fortement tassé (avec le tamper ou tasseur). Certaines machines expresso sont équipées d’un manomètre pour vérifier que la mouture et le tassage pratiqués provoquent bien une pression de 8 à 9 bars (9 fois la pression atmosphérique). Il faut noter que les machines annonçant 18 ou 20 bars correspondent à une démarche de marketing : ce n’est qu’un maximum théorique (qui assure en tout cas que la pompe fonctionnera très en deçà de son maximum) car la pression finale ne dépend en réalité que de la finesse de la mouture fraîche et du tassage (avec le tasseur ou tamper) : un café moulu du commerce non tassé dans une machine à 20 bars sera traversé par une eau à... 1 bar seulement. Il faut en effet un tassage équivalent à 15 kg pour s’approcher des 9 bars. Il existe aussi un système pressurisé (à l'aide d'un trou très petit dans le filtre en métal afin de ralentir encore plus le passage de l’eau chaude donc de faire monter la pression), qui permet de créer une mousse (artificielle, tenant peu de temps et sans intérêt gustatif) même sur un café moulu ordinaire (dont les huiles sont pourtant séchées depuis des mois). Ce système est répandu car il permet de faire semblant de faire de l’expresso. Quant aux diverses capsules (qui se rapprochent de ce principe), leur intérêt est surtout d’ordre économique (pour les fabricants) : il s'agit de vendre du café de qualité moyenne infiniment plus cher au kilo qu’un excellent café de torréfacteur, ce qui constitue une excellente idée (pour les fabricants plutôt que pour les consommateurs).

 

Extraction. Fait de faire passer de l'eau chaude à travers le café. La durée de cet écoulement (25 à 30 secondes) est primordiale pour éviter un café sous-extrait (acide) ou sur-extrait (amer).

 

Mouture. Il s'agit du café moulu (avant extraction) ou de son degré de finesse : la mouture peut être plus ou moins fine ou grossière.

 

Café fraîchement moulu disposé dans le filtre

mais pas encore tassé.

La même mouture, tassée avec le tamper (posé à droite du filtre).


 

Crema. Ce mot d'origine italienne (comme la plupart des mots liés à l'expresso) désigne précisément l'émulsion (idéalement marron claire et mouchetée) produite par les machines expresso de qualité quand le café est fraîchement torréfié et vient d’être moulu. Cette émulsion est formée par le mélange (sous pression) d’eau chaude et d’huiles naturelles du café (ce qui est impossible avec le café des grandes marques dont les huiles naturelles sont séchées car les grains ont été récoltés depuis de nombreuses années, mais surtout torréfiés et moulus depuis des mois au moment de l’achat). Il ne faut pas confondre la crema avec la simple mousse (qui disparaît assez vite et comporte de grosses bulles) produite par les systèmes pressurisés. Enfin, cette crema n’a aucun rapport avec le café-crème ou avec le café viennois (consistant à ajouter de la crème fraîche ou fouettée dans un café).

 

La crema : une émulsion compacte et persistante à la surface d'une tasse d'expresso.

 

Marc. C'est ce qu'il reste de la mouture de café après la préparation. Dans le cas de l’expresso, le marc se présente sous la forme d’une galette compacte et sèche après le passage de l’eau chaude sous pression. Dans le cas du café turc, il se retrouve au fond de la cafetière et de la tasse (voir plus haut).

 

Ristretto. C'est le nom que donnent les Italiens à un expresso très court (peu d’eau traversant un café de haute qualité fortement tassé et moulu encore plus fin que d'habitude).

 

Lungo. Il s'agit au contraire d'un expresso allongé : avec davantage d’eau (donc traversant un café moins tassé et moulu moins fin).

 

Americano. C'est un expresso allongé auquel on ajoute encore de l’eau chaude par la suite pour qu’il soit encore plus léger.

 

Caffè latte. C'est simplement du café auquel on a ajouté du lait. C'est aussi l'occasion pour un barista de laisser libre cours à sa créativité et à sa virtuosité technique en créant des dessins lorsqu'il verse le lait moussé sur le café. Cette pratique s'appelle le latte art

 

Cappuccino. Il s'agit d'un expresso auquel on ajoute de la mousse de lait montée à la vapeur (et non pas de la crème chantilly... sinon il s’agirait plutôt d’un café viennois) et une pincée  de chocolat amer (pur, sans sucre) par-dessus la mousse de lait.

 

 

Quelques cafés (établissements) célèbres fréquentés par des écrivains et d'autres artistes

 

À Paris :

 

le Procope (fréquenté par Jean de La Fontaine, Jean Racine, Voltaire, Denis Diderot, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Honoré de Balzac, Gérard de Nerval, Victor Hugo, George Sand, Alfred de Musset, Paul Verlaine puis Amélie Nothomb, Bernard Werber, Éric-Emmanuel Schmitt...)


le Café de la Paix (fréquenté par Guy de Maupassant, Victor Hugo, Émile Zola, Oscar Wilde, Paul Valéry, André Gide, Tristan Bernard, Marcel Proust, Ernest Hemingway...)


le Café de Flore (fréquenté par : Joris-Karl Huysmans, Guillaume Apollinaire, Charles Maurras, André Breton, Louis Aragon, Georges Bataille, Robert Desnos, Raymond Queneau, les frères Giacometti, Pablo Picasso, Marcel Carné, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Eugène Ionesco, Louis Malle...)


le Café des deux Magots (fréquenté par Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Guillaume Apollinaire, André Gide,Alfred Jarry, Elsa Triolet, Louis Aragon, André breton, Jean Giraudoux, Pablo Picasso, Fernand Léger, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir...)


la Closerie des lilas (fréquenté par Émile Zola, Paul Cézanne, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Jacques Prévert, Kees van Dongen, Paul Éluard, Oscar Wilde, André Gide, André Breton, Louis Aragon, Elsa Triolet, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Jean-Paul, Oscar Wilde, Man Ray, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald, Henry Miller, Samuel Beckett, Serge Gainsbourg, Vaclav Havel, Paul Auster...)

 

À Vienne :

 

le Café Museum (fréquenté par Gustav Klimt, Elias Canetti, Robert Musil...)


le Café Central (fréquenté par Hugo von Hofmannsthal, Robert Musil, Stefan Zweig, Léon Trotski...)


le Café Landtmann (fréquenté par Gustav Mahler,  Sigmund Freud...)

 

À Venise :

 

le Caffè Florian (fréquenté par Giacomo Casanova,  Johann Wolfgang von Goethe, George Byron, Alfred de Musset, George Sand, Giuseppe Verdi, Charles Dickens, Marcel Proust, Gabriele d’Annunzio...)


le Gran Caffè Quadri (fréquenté par, Alexandre Dumas père, Richard Wagner, Marcel Proust, Mikhaïl Gorbatchev, François Mitterrand, Woody Allen...)

 

À Rome :

 

l’Antico Caffe Greco (fréquenté par Giacomo Casanova,  Johann Wolfgang von Goethe, Stendhal, George Byron, Hans Christian Andersen...)

 

À Moscou

 

le Café Pouchkine, longtemps cherché vainement par les touristes suite à la chanson de Gilbert Bécaud Nathalie qui évoquait dans les années 1960 ce café imaginaire... mais l'entrepreneur franco-russe Andrey Dellos a finalement créé ce fameux café en 1999 à l'occasion  du bicentenaire de la naissance d'Alexandre Pouchkine

 

À Saint-Pétersbourg

 

le Café littéraire (fréquenté par Alexandre Pouchkine, Mikhail Lermontov, Fedor Dostoïevski, Piotr Tchaïtovski...) – établissement qui a été une confiserie de renom puis un restaurant avant de s'appeler ainsi 

 

À Berlin

 

le Romanisches Café (fréquenté par Bertolt Brecht, Otto Dix, Alfred Döblin, Bily Wilder...)

 

À Istamboul :

 

le Café Pierre Loti (en turc : Piyerloti Kahvesi) : actuellement nommé ainsi, il a bien sûr été fréquenté par l’écrivain français voyageur Pierre Loti avant d'être nommé ainsi

 

Au Caire :

 

le Café El-Fishawy surnommé le Café des miroirs, fréquenté par l’écrivain Naguib Mahfouz (qui trouvait l'inspiration pour ses romans en y observant les gens), par le poète Ahmad Rami (qui a écrit certaines des chansons d’Oum Kalsoum), par le roi Farouk...

 

À Porto :

 

le Café Majestic (fréquenté par  J. K. Rowling : c'est là qu'elle a commencé à écrire Harry Potter à l'école des sorciers)

 

Le Café Majestic à Porto : c'est bien là que J. K. Rowling a trouvé l'inspiration pour commencer à écrire le premier roman de la série Harry Potter. En revanche, contrairement à ce qui a souvent été imaginé, l'auteure dit ne pas être allée à la librairie Lello à l'époque, quand elle vivait à Porto.

  

À Lisbonne :

 

A Brasileira (fréquenté par Fernando Pessoa dont la statue en bronze a été installée assise à une table à la terrasse du café : silhouette discrète qu'un promeneur distrait peut prendre pour un vrai consommateur à la tombée de la nuit...)

 

À Rio de Janeiro :

 

A Garota de Ipanema, un café où le musicien Antonio Carlos (ou Tom) Jobim et le poète Vinicius de Moraes ont composé la célèbre chanson brésilienne portant le nom du bar et immortalisée par le chanteur Joao Gilberto (dont vous pouvez écouter une interprétation avec sa femme Astrud Gilberto, le saxophoniste Stan Getz et le compositeur Tom Jobin au piano dans l'album Getz / Gilberto de 1964) et connue sous le titre The Girl from Ipanema suite à l'adaptation du texte en anglais par Norman Gimbel