MÉTHODE POUR LA CONTRACTION DE TEXTE

 

OU COMMENT FAIRE UN RÉSUMÉ ?

  

 

 

J’ai élaboré peu à peu cette méthodologie à partir d’une réflexion sur le fonctionnement des textes à diverses échelles et suite à l’analyse des dysfonctionnements dans des milliers de copies.

  

 

 

MÉTHODE

 

 

 1. Phase de lecture rapide mais active. Interroger d’abord globalement le texte :

 

- Observer les sources (auteur, titre, date, type de publication) pour commencer à situer le texte (époque, arrière-plan culturel ou actualité, genre, public visé, profession de l’auteur : journaliste ? universitaire ? politicien ?...).

 

- Identifier : 

- son thème (De quoi parle-t-il ?), 

- sa problématique (À quelle question répond-il ?), 

- sa thèse (Quelle réponse donne-t-il ?).

 

- Repérer éventuellement son système énonciatif : répondre à la question Qui parle ? 

- L’auteur parle-t-il en son nom ? 

- Reprend-t-il le discours d’autrui ? (et si oui, à quelles fins : pour s’en autoriser, pour le critiquer, pour en informer le lecteur ?) 

- Répond-il à un discours antérieur ?

 

Pour obtenir cette compréhension globale du texte (en cherchant à saisir sa visée générale), il vaut mieux le lire d’abord une ou deux fois rapidement plutôt que lentement. La démarche analytique doit, dans un premier temps, découler d’une interprétation globale et non l’inverse.  

 

 

2. Phase de lecture lente (et toujours active) pour créer un schéma précis et complet (du point de vue de l’armature de base du raisonnement) : analyser l’organisation de l’argumentation en notant (de manière schématique de préférence : éviter de noter des fragments de phrase) : 

- les idées (mots-clés synthétiques), 

- les liens logiques (à l’aide des connecteurs et de tous les procédés linguistiques qui permettent de faire comprendre au lecteur la progression du raisonnement).

 

Il s’agit de bien comprendre le fonctionnement du texte : 

- D’où part-il ? 

- Où arrive-t-il ? 

- En passant par quelles étapes ?

 

Peuvent apparaître des raisonnements du type : 

- phénomène / cause / conséquence ou solution, 

- thèse (avis de A) / antithèse (avis de B) / synthèse (analyse d’experts), 

- idée générale / applications particulières (ou l’inverse), 

- phénomène implicite / explicitation, 

- faits / interprétation, 

...

 

Il faut aussi bien sûr distinguer l’essentiel (ce qui est indispensable au « squelette » du raisonnement) de ce qui est secondaire.

 

 

3. Phase de rédaction d’après le plan schématique et non pas directement d’après le texte-source, en clarifiant au maximum la progression logique car 

- un texte condensé ne dit chaque chose qu’une seule fois donc tout doit être parfaitement clair sans la moindre ambiguïté : le contexte ne suffira plus à compenser les imprécisions ; 

- cette perte d’une grande partie du contexte, notamment des exemples donc des éléments concrets, nécessite aussi une grande clarté pour rendre le résumé compréhensible.

 

Il vaut mieux regrouper les paragraphes (en cinq blocs environ) : 

- pour éviter l’émiettement, 

- pour faire apparaître le plan général en quelques étapes-clés. 

 

 

4. Phase de vérification d’après le texte-source : contrôler la fidélité et le respect approximatif des proportions relatives en relisant le résumé à côté du texte.

 

 

5. Phase de dénombrement : compter les mots et ajuster (le premier jet du résumé doit être trop long : s’il est d’emblée un peu court, c’est sans doute qu’il manque des éléments importants).

 

  

  

PROBLÈMES LES PLUS PÉNALISANTS

 

 

1. Contresens : quand le résumé inverse le sens d’origine ou le déforme fortement (par exemple quand les modalisateurs, comme peut-être, ne sont pas pris en compte).

 

 

2. Manque de clarté et/ou de précision dans le raisonnement. Cela peut provenir : 

- d’un montage de citations : les expressions, en dehors de leur contexte, ont perdu leur fonction argumentative (ce ne sont plus que des coquilles linguistiques vides car c’était le contexte qui leur donnait du sens : par exemple, quand un mot est opposé à un autre placé avant ou après) ; 

- d’un raisonnement mal construit ou mal signalisé (dans ce second cas, les idées s’enchaînent correctement mais cet enchaînement n’est pas explicité) ; 

- d’une expression maladroite (généralement due à un mauvais choix de mots-clés : vagues, imprécis ou mal articulés les uns avec les autres).

 

 

3. Manque d’objectivité : quand le système énonciatif du texte n’est pas respecté (remplacement d’un je par il ou l’inverse) ; ou quand sont ajoutés des exemples, des idées, des connotations ou une idéologie qui n’apparaissaient pas dans le texte-source.

 

 

4. Non-respect de la longueur imposée. 

 

 

5. Problèmes de langue (orthographe, vocabulaire, syntaxe et ponctuation).

  

 

 

ASPECTS TECHNIQUES COMPLÉMENTAIRES

 

 

Il faut utiliser ses propres mots mais bien se mettre à la place de l’auteur (sans citation, ni de phrases commençant par « L’auteur dit que »).

 

 

Vu le volume réduit du texte contracté, il faut éviter de dépasser cinq paragraphes (sauf bien sûr si le texte faisait s’organisait en six catégories ou en six étapes bien marquées par exemple).

 

 

S’il faut des exemples, seuls ceux du texte peuvent être utilisés (mais uniquement de façon exceptionnelle).

 

 

Pour bien marquer la structure, il ne faut pas hésiter à employer beaucoup de connecteurs.

 

 

Le moment de(s) relecture(s) est très important, ne serait-ce que parce que l’orthographe compte fortement.

 

 

Le décompte des mots se fait généralement selon la règle suivante : un mot se définit comme ce qui est séparé par des espaces ou par des signes de ponctuation et qui existe comme entité autonome dans un dictionnaire. Pour limiter le nombre de mots, il faut privilégier : 

- les deux points, 

- les constructions actives plutôt que passives, 

- les appositions, 

- les mots génériques. 

 

 

 

 

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