COMMENCER À ÉCRIRE 

UN RÉCIT, UN ROMAN… 

 

 

Je propose une relecture, des corrections, des conseils, une critique : un  accompagnement ou du coaching littéraire

 

 

Je voudrais donner une première piste pour aider ceux qui le souhaitent à commencer à écrire : certains textes d'Umberto Eco se penchant sur son travail de romancier.

 

En dehors des grands ouvrages de théorie littéraire (L'Œuvre ouverte, Lector in Fabula,  Les limites de l'interprétation... ), de sémiotique (La Structure absente, Traité de sémiotique générale…) et de philosophie (Kant et l'ornithorynque...), difficiles d'accès pour le non-spécialiste, le plus célèbre universitaire de Bologne a écrit quelques textes qui aident à réfléchir sur le cheminement de l'artisan-écrivain, sur quelques problèmes techniques, abordés de façon simple et ludique. Deux ouvrages sont à recommander dans cette perspective.   

 

 

Apostille au nom de la rose (article paru en 1983 en Italie puis publié en France en 1985 chez Grasset et au Livre de poche)

 

Eco raconte avec humour mais aussi avec profondeur « pourquoi et comment il a écrit » son premier roman Le Nom de la rose, alors qu'il était déjà un universitaire célèbre depuis des décennies. Même si vous n'avez pas lu le roman, vous prendrez du plaisir à découvrir le cheminement de l'écrivain, du choix du titre à celui du genre : un polar médiéval post-moderne bourré de références culturelles, de Sherlock Holmes à la sémiotique, en passant bien sûr par les querelles métaphysiques du Moyen-Âge – ce qui était une façon de signer le premier roman d'un spécialiste de Thomas d'Aquin, d'un théoricien de la narration et de la sémiotique, d’un auteur de textes journalistiques ou humoristiques sur le monde contemporain.

 

 

De la littérature (édition originale italienne : 2002 ; traduction française publiée en 2003 chez Grasset puis au Livre de poche)

 

Lisez en particulier la première et la dernière section.

 

Le chapitre « Sur quelques fonctions de la littérature » s’interroge sur l’utilité profonde de la fiction dans la construction de soi, du point de vue du lecteur.

 

Le chapitre « Comment j’écris » bascule dans le point de vue de l’auteur : il raconte et explique en particulier l’aventure de l’écriture des premiers romans d’Eco, en plusieurs étapes-clés...

 

Dans la sous-partie « D’où part-on ? » il s’interroge sur la toute première idée qui pousse à écrire. Alors que d’autres commencent par rédiger deux premières lignes avant de se laisser porter par leur plume ou par leur clavier, chez lui, c’est une simple image obsessionnelle ou saugrenue qui avait généré tout le roman : il rappelle que le Nom de la rose était né d’une fixation sur une étrange scène imaginaire : « l’image de l’assassinat d’un moine dans une bibliothèque ».

 

Dans la sous-partie « Avant tout, construire un monde », il raconte comment il était resté un an sans écrire une ligne du Nom de la rose : il avait simplement dessiné des plans de l’abbaye car il avait besoin d’imaginer l’univers qu’il créait mais aussi de prévoir la durée nécessaire pour aller de tel lieu à tel autre, afin de définir la durée des dialogues. Il avait également fait le portrait de chacun des moines pour se sentir ensuite capable de faire parler chacun d’eux à sa façon.

 

Dans la sous-partie « Du monde au style », il explique que la façon d’écrire – à partir des « modes de penser et de voir » – s’impose à partir de l’univers imaginaire créé ou recréé :

« Une fois le monde dessiné, les mots suivent et seront (si tout va bien) ceux que ce monde, avec les faits qui y adviennent, requiert. C’est pourquoi, dans Le Nom de la rose, le style est celui – toujours homogène – du chroniqueur médiéval, précis, fidèle, naïf et étonné, plat si nécessaire (…) »

 

Dans la sous-partie « Les contraintes, et le temps », Eco évoque les contraintes techniques qui peuvent s’ajouter à la mise en place chronologique de l’intrigue. Par exemple, dans Le Pendule de Foucault, il fallait que les personnages aient vécu les événements de 1968 mais qu’ils puissent plus tard taper un dossier sur un ordinateur, ce qui interdisait d’imaginer une fin avant 1983 ou 1984. Cela imposait également quelques péripéties supplémentaires pour remplir l’intervalle de quinze ans ainsi généré.

 

 

Écrire, pour Eco, c’est « vivre six, sept, huit ans (si possible à l’infini) dans un monde que vous êtes en train de construire peu à peu, et qui devient vôtre. »

 

 

 

 

 

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